Psychologie sociale : LA DISSONANCE COGNITIVE

Publié le par Sophie

"L'échec d'une prophétie" - Léon Festinger (1956)

"L'échec d'une prophétie" - Léon Festinger (1956)

J'ai adoré ce cours sur la dissonance cognitive et encore plus lire le livre de Léon Festinger intitulé "L'échec d'une prophétie" (1956) illustrant le principe. Comment la définit-on ?

Le concept de « dissonance cognitive » est né en 1956/1957 sous la plume de Léon Festinger qui essayait d'expliquer comment l'être humain gère les tensions internes engendrées par des éléments cognitifs contradictoires, incompatibles.

En effet, il y a dissonance cognitive lorsque deux données cognitives sont en désaccord ou qu'elles ne cadrent pas avec les attitudes des individus, leurs croyances ou les actions entreprises. En raison de ce caractère inconciliable ou l'expérience d'une contradiction entre une cognition et une action, un sentiment de malaise, d'inconfort mental se met en place jusqu'à en devenir insupportable aux yeux de certaines personnes. Or, l'être humain ne peut vivre avec ce sentiment de dissonance, il va donc tenter de trouver un moyen de réduire ou d'éliminer cette tension psychologique et retrouver, ainsi, sa cohérence personnelle. La diminution de la dissonance peut être obtenue de différentes manières : stratégies d'évitement des situations provoquant une dissonance, changement des anciennes croyances, modification du comportement, arrangement de la cognition conflictuelle de telle façon à justifier une conduite ou ajout de nouveaux éléments justificatifs.

Une des premières illustrations de la théorie de la dissonance cognitive apparaît dans le livre « L'échec de la prophétie » publié par Léon Festinger en 1956. Il y fait état du renforcement de la croyance des adeptes d'un culte après l'échec d'une prophétie annonçant l'atterrissage imminent d'ovnis et la destruction de la Terre. Lorsque rien ne se produisit au moment convenu, la plupart des adeptes choisit de croire quelque chose de moins dissonant pour assimiler le fait que la réalité ne correspond pas à leurs attentes. C'est ainsi que naissent, se propagent et se justifient les rumeurs, fausses nouvelles, histoires irrationnelles.

Personnellement, je fume. Je sais que ce n'est pas bon pour la santé, que cela peut provoquer des maladies graves voire même la mort et pourtant, je continue. La possibilité d'avoir un cancer du poumon un jour me fait peur, bien sûr, mais pas suffisamment, apparemment, pour que j'arrête de fumer complètement. J'essaie de fumer moins me disant qu'ainsi, il y a peut-être moins de chance que ça m'arrive et, en même temps, je me dis qu'il y a énormément de personnes atteintes d'un cancer du poumon alors qu'elles n'ont jamais fumé de leur vie, ou inversement, des centaines de personnes ayant fumé toute leur vie qui n'ont jamais été touchées par cette forme de cancer !

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