Comment survivre sans le sens de l'orientation ?

Publié le par Sophie

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Orientation = 0/20.... Heureusement, cette matière ne figurait pas au programme à l'école sinon j'aurai été abonnée aux mauvaises notes !

Depuis toute petite, j'ai toujours été nulle pour me repérer et je passais mon temps à me perdre partout où on allait (au supermarché, dans une foule bondée, en vacances au camping, à la plage, en ville, en forêt...). Aujourd'hui encore c'est un véritable cauchemar pour moi, j'ai beau avoir acquis quelques réflexes salvateurs avec le temps, me retrouver, seule, dans un endroit immense et inconnu m'angoisse. Impossible de m'y retrouver !

Quand on y pense, mon enfance ressemble à un éternel remake de conte de fée (pas la version doucereuse et magique mais plutôt la version angoissante peuplé de méchantes reines ou de créatures cruelles prêtes à bondir sur moi).

Maman ours et Papa ours m'emmenaient souvent faire les courses au supermarché et vous pouvez être sûr que la petite Boucle d'or que j'étais alors, se retrouvait irrémédiablement en pleurs à la caisse centrale parce qu'elle ne retrouvait pas ses parents. Une fois achevées les flâneries insouciantes dans les allées qui s'étendaient à perte de vue, le charme du lieu disparaissait et l'angoisse de l'abandon surgissait à nouveau. Pour survivre à cette terrible épreuve, j'avais développé la redoutable technique du "je crie très fort et pleure comme une madeleine jusqu'à ce qu'on vienne me chercher" (TECHNIQUE N° 1). Maman Ours et Papa Ours quelque peu gênés par tout ce vacarme n'avaient d'autre choix que de venir me récupérer et me ramener à la maison.

Plus tard, quand nous partions en vacances en camping, j'endossais le rôle du petit chaperon rouge chargé d'acheter de quoi manger pour la famille. Courageusement, je partais vers l'inconnu (ou presque car j'avais pris soin de repérer les lieux au préalable) et accomplissais, fièrement, la mission qui m'avait été confiée ! Pour l'aller, pas de problème, à droite après la poste puis tout droit pendant 100m jusqu'à la fameuse supérette des vacanciers mais pour le retour, tout se compliquait à l'entrée du camping... Toutes les caravanes se ressemblaient, elles étaient toujours blanches et les emplacements parfaitement identiques en dehors de quelques rares arbres ou arbustes qui crevotaient çà et là ! J'aurai bien utilisé la technique de mon cousin le Petit Poucet et semé des cailloux sur mon chemin pour être en mesure de rentrer sans encombre mais c'était beaucoup trop loin, j'aurai dû dévaliser une carrière ! La solution la plus simple pour résoudre ce problème était encore de "faire appel à quelque campeur sympa, lui faire des yeux de cocker en l'implorant de me ramener au bercail" (TECHNIQUE N° 2). Comme nous passions nos vacances dans le Sud au même endroit, dans le même camping depuis des années comme bon nombre d'autres familles, il était assez facile de trouver quelqu'un qui connaissait mes parents et savait où nous étions installés.

Devenue adulte comme Cendrillon et toutes les princesses de la Terre, j'ai fini par rencontrer mon Prince Charmant au détour d'un chemin. Ébloui par mon charme (hum, hum) et surtout très attristé de me trouver si seule, perdue dans ce monde cruel, il accepta de devenir mon garde du corps attitré et le cocher en chef de notre carrosse. Encore une fois, j'avais trouvé comment faire pour pallier mon petit problème d'orientation : "jouer sur la corde sensible et réveiller l'âme de chevalier servant qui sommeille dans tous les vrais gentlemen du quartier" (TECHNIQUE N° 3). Le progrès aidant, un outil génialissime appelé "GPS" est apparu dans nos vies ! Cet outil magique était capable de se repérer partout, en France comme à l'étranger, y compris dans des endroits où nous n'étions jamais allés. Incroyable, non ?

Aujourd'hui encore, dans les jeux vidéo en réseau que nous affectionnons tous les deux, je passe mon temps à me perdre, explorer des territoires déjà vus, voir mourir mon personnage d'"intrépide chevalier en armure" dans la panique. Impossible de me repérer sur la carte de l'univers du jeu pourtant fournie ! Mon compagnon de jeu fidèle et persévérant reste ma boussole, le soleil qui guide mes pas et revient inlassablement me chercher au départ lorsque je meurs sous les coups retors de quelque mort-vivant, squelette, fantôme et autre zombie.

Conclusion : Pour survivre sans le sens de l'orientation, il est fortement recommandé de trouver diverses techniques ou de se faire aider par des personnes bienveillantes plus douées en la matière. Il est sage d'élaborer un système d'échanges sur la base du donnant-donnant pour plus d'équité. On ne peut pas être nul partout tout de même !

Comment survivre sans le sens de l'orientation ?

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