"Une femme à Berlin", journal autobiographique - auteur inconnu (ou presque)

Publié le par Sophie

"Une femme à Berlin", journal autobiographique - auteur inconnu (ou presque)

La jeune Berlinoise qui a rédigé ce journal entre le 20 avril 1945 alors que les Soviétiques sont aux portes de la ville jusqu'au 22 juin, a voulu rester anonyme, lors de la première publication du livre en 1954 et jusqu'à sa mort. À la lecture de son témoignage, on comprend pourquoi...

Sur un ton d'objectivité presque froide, ou alors sarcastique, parfois poignant, parfois comique, c'est la vie quotidienne dans un immeuble quasi en ruine, habité par des femmes de tout âge, des hommes qui se cachent qu'elle raconte. Une vie misérable, dans la peur, le froid, la saleté et la faim, scandée par les bombardements d'abord, sous une occupation brutale ensuite. S'ajoutent alors les viols, la honte, la banalisation de l'effroi. Et la plume de l'auteur anonyme rend admirablement ce mélange de dignité, de cynisme et d'humour qui lui a permis, sans doute, de survivre.

Dans les années 70, le climat politique ayant changé, des photocopies de ces carnets du sous-sol commencèrent  à circuler dans Berlin parmi les étudiants et mouvements féministes. 

Ce n'est qu'en 2003, deux ans après la mort de l'auteur, qu'une nouvelle édition a permis aux Allemands, dans un pays apaisé, de redécouvrir une page tragique de leur histoire tout en suscitant sa contribution au débat historique. Anonyme, l'auteur ne l'est plus vraiment ! C'est un rédacteur du quotidien Süddeutsche Zeitung qui a levé le voile sur l'identité de la jeune Berlinoise : elle s'appelait Marta Hillers et était journaliste !

Personnellement, je pense que ce livre fait partie des livres qui vous secouent, vous marquent et vous laissent un goût amer dans la bouche... mais c'est un témoignage incontournable ! À lire, absolument !

Publié dans À découvrir

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